l'Art d'Etre Immobile
- manguesauvage
- 15 avr. 2016
- 3 min de lecture
J'ai passé 20 jours dans une cabane au milieux des bois, sans électricité, sans eau, sans rien ni personne! Ma salle d'eau était le ruisseau en bas de la colline, mon chauffage était alimenté par le bois mort que je ramassais dans la foret. Je me suis retrouvé avec moi même, pour une réflexion accélérée et de l'inspiration en abondance.
AUTOUR DE MOI LE SILENCE.
On est tellement loin du vrais silence dans cette société d'écrans et de médias qui remplissent et happent nos esprits, brouillent nos pensés et nous rendent automates et dépendants. J'ai cherché à m'isoler de cette routine presque incontournable (bien que j'ai fais le choix de ne pas avoir de télé à la maison et cela fait même pas une année que j'ai un téléphone portable qui va sur internet) pour nettoyer mon esprit et voir de quoi est il capable tout seul, livré à lui même, sans limites ni pollution.
Me voilà débarqué dans les bois, je m'installe dans cette cabane. Je suis arrivée tôt ce matin afin de pouvoir me familiariser avec les lieux avant que la nuit ne tombe. Je visualise, j'enregistre les formes du voisinage végétal et animal qui m'entourent.
Autour de moi le silence, pas de télé, pas d'ordinateur pas de téléphone, pas de radio...
...Et puis je tend l'oreille.. J'écoute, j’entends mes pensées, le bruit du vent dans les arbres, les oiseaux. J'entends les arbres qui dansent dans le vent le ruisseau au loin.
CONTEMPLATION
Je m'abandonne à la foret immense. Je remercie la Terre Mère de m'avoir accueilli au creux de ses bras. Assise au milieux du monde, ou l'inspiration est une pluie torrentielle. J'apprends de moi même. J'écoute. je me nourris de l’essentiel.
Là, au milieux du monde, j'ai voyagé en moi. J'ai découvert des terres magnifiques, des paysages d'émotions. Ici aucun instant ne se ressemble, ni en dehors, dans la nature, ni en dedans de moi. Je vais plus loin, au delà des territoires conquis, beaucoup plus facilement que ce que je me pensais capable. Je m'ouvre à ce nouveau monde et franchis les limites de moi même. Je m’élève comme un Aigle des Andes et plus haut encore!
ÉMOTIONS MULTICOLORES
Je pleure , je ri, je m’émerveille, j'ai peur et je m'apaise. J'apprends la foret, ses habitants, ses bruits, son atmosphère. J'apprends les soirs de brume ou la foret se courbe devant le sentiment incertain et important de la Terre Mère.
Je fais partie du monde, là ou le vent me berce.
La Maison: Une Cabane perdue au milieux de la forêt Ariégeoise, France.










Nous avons traversé les ténèbres de l'Océan et l'immensité de la Terre. Nous avons enfin trouvé la fontaine de jouvence. Elle attendait patiemment, au cœur de nous-même.
Ici chaque jour est un paysage différant ...















"Il était chaman, il estimait que la seule connaissance qui vaille était au dedans des choses, et qu'il fallait aller l'y chercher. De fait, tous les indiens apprenaient dès l'enfance à explorer cet intérieur des choses. Quand une femme Aymara donne à manger à son petit, la première cuillère est offerte à la Pachamama, la vieille Terre Mère. Ainsi pénètre dans l'esprit de l'enfant l'évidence que cette boule céleste ou nous avons vu le jour est vivante, qu'elle respire, sent, donne, prend, qu'elle à besoin d'être nourrie. Les indiens ne soignent pas la Terre parce qu’elle est malade, ils la soignent parce qu'elle est leur mère. Ils l'aiment; voilà tout. En vérité, les chamans n'apprennent rien d'autre que cela : entrer en relation intime avec la vie qui est en toute chose." "Les sept plumes de l'aigle, Henri Gougaud."
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